mardi 16 janvier 2018

Boire sans modération : un petit béret ou une 0.0 !

Après le sans-gluten, et d'autres produits « sans », le paysage alimentaire s'enrichit d'une marque de vin sans alcool (le petit béret) et Heineken lance la 0.0, une bière sans alcool (moins de 0.03 %).  Positionnée dans le champ de la convivialité (c'est toujours l'heure de partager ! Tel le slogan de la Heineken 0.0) cette bière permet de déguster une bonne bière entre amis, quelle que soit la confession des convives, ou de boire sans craindre l'accident de la route. Le plaisir de partager un bon moment ensemble sans culpabilité. 






Les amateurs de bières ou de vins resteront probablement suspicieux et craindront probablement que les qualités organoleptiques ne soient pas à la hauteur de leur palais. Testez ses nouveaux breuvages. Vous pourriez être surpris ! Et puis, si « Paris vaut bien une messe », passer un bon moment avec des amis vaut bien une petite, toute petite, entorse organoleptique. 



Pour une fois, nous pouvons dire : boire sans modération !

lundi 15 janvier 2018

L'intelligence collective - Attention à l'effet chambre d'écho !

À l'observation, on peut constater que certains ensembles humains - ou animaux -  sont en mesure de tirer un meilleur parti de leur environnement, par exemple d'être plus inventifs ou plus efficaces ou efficients lorsqu'il s'agit de prendre des décisions. 

Pour explorer les fondations de l'intelligence collective, une nouvelle approche fondée sur le Big Data est née : la physique sociale. (Social Physics) Telle est le nom que lui a donné son principal artisan, le professeur Alex 'Sandy' Pentland du MIT Media Lab. Par exemple, Sandy étudie, comme un épidémiologiste, comment les idées, bonnes ou mauvaises, circulent dans les populations. Son approche, fondée sur l'analyse des grands-ensembles de données, se démarque de celles utilisées par les autres chercheurs de l'intelligence collective, lesquels travaillent habituellement sur des petits groupes de personnes et qui ne capturent que certaines des interactions que les participants entretiennent avec leur environnement.

Les nouvelles technologies de l'information permettent aujourd'hui de suivre ce que font, lisent, expriment ou achètent des milliers de personnes qui de manière anonyme et avec leur consentement acceptent de voir leurs données enregistrées par l'équipe de Sandy. Cette méthode livre déjà ses premiers résultats. Ainsi, une équipe a cherché à mesurer la performance d'investisseurs sur un marché selon leur localisation dans les flux d'informations. Schématiquement, il existe trois types de comportements. Certains opérateurs sont isolés. Ils reçoivent peu d'information et font circuler peu d'information. D'autres reçoivent  et proposent beaucoup d'informations aux membres de leur réseau. Mais, même si celui-ci est grand (par le nombre des participants) et dense (par l'intensité des échanges) il n'est pas forcément diversifié (ouvert aux contributions des personnes qui tout en étant connectées avec ce groupe sont à l'extérieur). Entre ces deux extrêmes, on trouve des groupes de personnes qui échangent des informations de manière modérée. Ce réseau est moins dense, plus ouvert et les contributions sont plus diversifiées. 

Quelles sont les performances sur les marchés de ces différents groupes ? Elles sont substantiellement différentes. L'équipe de Sandy note une différence moyenne de 30% entre les individus du groupe le moins performant et ceux dans le groupe le plus performant. Les opérateurs isolés semblent les moins performants. Ils reçoivent insuffisamment d'information. Les opérateurs appartenant au réseau le plus dense sont également bien moins performants que ce que leur niveau d'information pourrait le laisser penser. Sandy évoque ce groupe sous le terme de chambre d'écho. Ce concept est proche de celui employé autrefois par le Premier ministre Raymond Barre qui parlait de microcosme (politique). Ces travaux récents montrent que ce qui caractérise le microcosme ce n'est pas sa taille : les chambres d'écho sont constituées par de très nombreux participants. Mais, si leurs discours sont repris massivement, ils ne sont point analysés, évalués ou critiqués suffisamment. La répétition d'une information ne change pas sa qualité. La multiplicité des sources est, dans le cas des chambres d'écho, réduite. 

Ces travaux démontrent combien les effets de groupe peuvent affecter la performance du groupe. Les théoriciens de l'information et les scientifiques nous rappellent qu'il est important pour éclairer les décisions de rechercher des informations susceptibles de réfuter nos hypothèses et de changer le cours de nos décisions. Méfiez-vous des chambres d'écho ! Il est préférable de se positionner dans le troisième groupe, nous apprennent les travaux du professeur Pentland. 


samedi 11 novembre 2017

Ce soir, des criquets au menu !

Depuis plusieurs années, à la suite d'un rapport de la FAO, les élevages d'insectes à vocation alimentaire fleurissent dans différents pays. Jusqu'à présent, les rumeurs courraient que les experts de la consommation (le sont-ils vraiment ? ) pensaient que l'acceptation des consommateurs serait un frein à la diffusion des produits. Les producteurs d'insectes semblaient leur donner raison en ne proposant que des produits à base de farine d'insectes, comme des barres nutritives ou des pâtes alimentaires. Les insectes possèdent de nombreux avantages. Ils sont riches en protéines. Ainsi, 30 gr de farine de criquet contiennent, d'après les producteurs, 20 gr de protéines alors que la viande de boeuf n'en apporte que 8 environ. S'agissant de la production, elle est particulièrement efficiente puisque la production de 30 gr de viande de boeuf nécessite 38 fois plus de terres que la production de la même quantité de farine d'insectes. 

Certes !  Mais, les consommateurs sont-ils prêts à accepter de manger un plat de criquets grillés et d'en tirer du plaisir ? Mohammed Hussen Alemu, étudiant doctoral à l'Université de Copenhague, semble avoir montré que les consommateurs kenyans sont plutôt enclins à accepter et à apprécier les produits à base d'insecte qu'ils ont goutés. L'attrait des consommateurs pour les produits à base d'insectes possède une dimension sociale important, puisque les consommateurs semblent être fortement influencés, et négativement, par les réactions négatives de leurs pairs. 

La culture alimentaire des consommateurs kenyans est possiblement plus propice à la nouveauté alimentaire que les cultures alimentaires des Européens ou des Américains. Cependant, la seconde information concernant l'acceptation des insectes qu'il me semble intéressant de partager avec vous vient des USA. Elle a été publiée dans le très réputé magazine Fortune. Le Directeur Général d'une société produisant des insectes pensait, comme très probablement le plus grand nombre d'entre nous, que les insectes ne seraient acceptés que sous la forme d'ingrédients dans des préparations alimentaires. "J'avais tord" dit-il ! Les clients plébiscitent les criquets entiers et grillés (Photo du produit ci-dessous). 


John Chambers, l'ancien CEO de Cisco, est l'un des investisseurs de l'entreprise Aspire, le producteur de produits à base de criquets et de criquets entiers grillés à la marque Aketta. Il explique que 95 % des personnes sont prêtes à tester les criquets et que 9 personnes sur 10 aiment le produit. Le criquet serait-il en train de suivre les traces du Homard ?

Nota : La législation Française (Européenne) interdit la commercialisation d'insectes pour l'alimentation humaine.  Cependant, certains produits sont disponibles à l'achat auprès de producteur français.

Voir également : l'état des lieux réalisés par l'ANSES.





dimanche 15 octobre 2017

L'innovation en agroalimentaire: Conférence Club ESSEC Agroalimentaire 26 octobre à 18 heures

L'innovation en agroalimentaire
 Le club ESSEC Agro-Business a le plaisir de vous convier à une conférence sur le thème de :

L'innovation en agroalimentaire
Jeudi 26 Octobre 2017 à 18h00
à l'ESSEC Executive Education
Amphithéâtre 104
CNIT - 92053 Paris La Défense


Nous aurons le grand plaisir d’accueillir Mme Carmen Arruda, directrice de la recherche et du développement du groupe Lesaffre. Mme Arruda nous parlera d’innovation au 21ème siècle dans un groupe agroalimentaire familial de tout premier plan. Cette conférence sera suivie d’un cocktail pour favoriser les échanges et le networking.

Tarifs : 
ESSEC Alumni et autres : 10€
Etudiants : gratuit
Cordialement,

Bernard Duchamp (A88)
Responsable ESSEC Agro-Business 

Pour vous inscrirre suivre le lien ci-dessous :


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