lundi 9 février 2026

Protéger les cultures des sauterelles - une piste intéressante.

Le professeur Arianne Cease d’Arizona State University (ASU) dirige l’initiative de son université sur les criquets (locusts).  Cette initiative cherche à mieux comprendre le comportement des sauterelles qui lorsqu’elles forment un essaim peuvent infliger des dégâts très importants aux cultures et menacent alors la sécurité alimentaire. Pourquoi les chercheurs américains s’intéressent-ils aux criquets et aux sauterelles ? Avec le changement climatique, ils estiment que certains États des USA pourraient être touchés. 

Le professeur Cease et son équipe ont observé au Sénégal que certains champs, avec des productions identiques (du millet), étaient protégés, alors que d’autres ne l’étaient pas. Les sauterelles sénégalaises ne forment pas de nuage, mais se rassemblent en petits groupes, qui sont également dévastateurs. Les analyses ont suggéré que la teneur en protéines du millet jouait un rôle. Lorsque le sol est pauvre en azote, la teneur en protéines du millet est plus faible et le taux d’hydrates de carbone est plus élevé. Les chercheurs ont alors réalisé des expérimentations de terrain en apportant des engrais azotés sur certaines parcelles laissant les autres sans fertilisation. Ces expérimentations ont confirmé l’hypothèse initiale. Les attaques des sauterelles étaient moins fréquentes et les dommages beaucoup moins importants. Un doublement de la production est observé.


Le professeur Cease pense que les criquets et les sauterelles ont besoin d’une alimentation riche en sucre pour pouvoir se déplacer sur de grandes distances. Ils recherchent donc des aliments riches en sucre. Les plants plus riches en protéines sont moins appétissants. 

Les expériences se sont poursuivies en replaçant les engrais azotés par du compost, moins onéreux que les engrais azotés au Sénégal. Ces expérimentations confirment les hypothèses initiales et soulignent, une fois de plus, la relation entre la qualité du sol, la santé des plantes et la « résistance » aux invasions. 


 Des nuages de sauterelles à Las Vegas

  

Référence :  Référence: Touré, M., Fall, A., Burnham, A. et al. Soil amendments suppress migratory pests and enhance yields. Sci Rep 16, 646 (2026). https://doi.org/10.1038/s41598-025-27884-z

 


lundi 22 décembre 2025

Le point sur l'allergie alimentaire aux Arachides

Les allergies alimentaires sont un problème de santé publique important. D’après le ministère de la Santé, on estimait que 3% de la population souffrait d’une allergie alimentaire évolutive et 8% des enfants une allergie alimentaire. D’après Statista (2025) 6% des Français déclaraient souffrir d’une allergie alimentaire ou d’intolérance alimentaire. Ce chiffre était de 17% aux USA. L’augmentation de la prévalence semble être établie. Et parmi l’une des hypothèses les plus communément mentionnées est celle de la « propreté » excessive. La distribution des allergies dans la population est hétérogène. Des enfants au contact très tôt avec des plantes, de la terre, des animaux de compagnie ou des animaux de fermes semblent constituer un terrain moins propice aux allergies. 

Les arachides sont une source d’allergie alimentaire. Un article publié le 7 novembre 2025 dans JAMA (Journal of the American Medical Association) News par Samantha Anderer. L’auteur indique que l’incidence des allergies aux arachides est en diminution depuis le consensus de 2015. Avant 2008 il était recommandé d’éviter une exposition aux arachides avant l’âge de 3 ans. En 2008, l’Association Américaine de Pédiatrie a révoqué cette recommandation en absence d’évidences scientifiques. Mais, l’association n’a cependant pas recommandé l’introduction des arachides avant 3 ans. En 2015, une étude publiée dans the New England Journal of Medicine a montré les bénéfices d’une introduction précoce et soutenue d’arachide dans l’alimentation. Sur 640 enfants avec un risque élevé de développement d’allergie aux arachides, 320 ont été soumis à une alimentation sans arachides jusqu’à l’âge de 60 mois et les 320 autres ont consommé des arachides. Dès l’introduction dans ce schéma expérimental, la sensibilité des enfants a été testée avec des extraits d’arachide. La prévalence à l’âge de 60 mois était de 13,7 % pour le groupe des enfants non-exposés contre 1,9% pour les enfants qui ont consommé des arachides dans le groupe des enfants avec un résultat négatif au test de sensibilité réalisé lors de l’introduction dans l’expérience (N= 530). Ces chiffres sont respectivement de 35,3% et de 10,6% pour les enfants présentant un résultat positif au test de sensibilité. Dans les deux cas, l’exposition précoce et soutenue a produit un effet positif.

Le Dr Gupta, chercheur au centre de recherche sur les allergies alimentaires et l’asthme de l’école de médecine de l’université Northwestern, émet une hypothèse intéressante. La nature du premier contact avec une protéine pourrait jouer un rôle dans le développement ultérieur d’une allergie alimentaire. Si le contact avec une protéine alimentaire est réalisé par une voie autre que le système digestif (par exemple la peau), il est possible que la protéine soit considérée par le corps comme le signal d’un danger. Cela expliquerait pourquoi les enfants souffrant d’eczéma, dont la barrière cutanée est faible, sont plus sensibles aux allergies d’origine alimentaire. Mais, se pose alors de savoir comment le contact cutanée pourrait avoir lieu avec les protéines des arachides. Certains produits cosmétiques et les produits de soins contiennent des huiles d’arachide, lesquelles rendent, paraît-il, la peau plus lisse et plus souple. Affaire à suivre. 
   



 

mardi 9 septembre 2025

Insectes ravageurs: un changement de paradigme de la protection des plantes ? Vrai ou faux ? à Creuser !

Je ne suis pas agronome ou agriculteur. Ma capacité d'appréciation est donc limitée lorsqu'il s'agit de porter un jugement sur des faits scientifiques ou énoncés comme tels. Dans mon esprit, et jusqu'à présent, les insectes s'attaquent à une culture, quelle que soit la santé des plantes. Disons que j'imaginais que les insectes avaient même tendance à se repaître sur des plantes plutôt appétissantes et donc en bonne santé, gorgées de nutriments. Certes, en arboriculture, l'effet des ravageurs sera d'autant plus important sur l'arbre que celui-ci présente des fragilités. Mais, il s'agit de l'effet. L'attaque nécessitait donc d'appliquer des traitements pour protéger les plantes des insectes ravageurs. Plusieurs stratégies sont mises à la disposition des agriculteurs pour protéger leurs cultures des insectes ravageurs comme les insecticides, les prédateurs des ravageurs ou équivalents (lutte biologique) ou bien encore des substances produisant une confusion sexuelle. Dans le domaine de la lutte contre les moustiques, susceptibles de transmettre à l'homme des maladies graves, d'autres méthodes sont employées. 


Dans mon esprit, tout cela faisait sens. Mais je suis tombé, par hasard, sur une histoire différente qui me semble constituer, pour partie, un changement de paradigme. Les laboratoires Dykstra (le Dr Thomas Dykstra est entomologiste de formation avec un doctorat de l'université de Floride) mettent en avant, ce que faute d'autres supports scientifiques je qualifie d'hypothèse, l'idée selon laquelle seules les plantes en mauvaise santé sont attaquées par des insectes ravageurs. Comment peut-on savoir si une plante est en bonne santé? Une analyse de la sève ou bien une mesure du Brix des feuilles permet d'apprécier la santé d'une plante, au moins partiellement. Un réfractomètre d'une trentaine d'euros permet de mesurer le Brix des feuilles qui est, en grande partie, de l'appréciation de la teneur en sucre dans les feuilles. Le sucre est produit par la photosynthèse. La teneur en sucre permet donc d'apprécier le fonctionnement de la photosynthèse d’une plante. Un Brix est équivalent à 1 g de sucre pour 100 g de solution.


Revenons aux insectes. Le Dr Thomas Dykstra observe que les plantes dont le Brix est supérieur à 12 ne sont pas les cibles des ravageurs. Selon les familles d'insectes, les attaques vont dépendre du niveau du Brix. Les insectes de la famille des sauterelles et des criquets s'attaquent aux plantes dont le Brix se situe entre 10 et 12. Les coléoptères et les lépidoptères ne s'attaquent pas aux plantes avec des valeurs supérieures à 9 ou à 11 (selon les familles d'insectes). Les cicadelles, les thrips et les autres insectes suceurs perdent un intérêt pour les plantes dont les valeurs sont au-dessus 7-9. Et pour les pucerons et ceux de la famille des Coccidés, ils opèrent pour des valeurs encore plus faibles.  Le Dr Tom Dykstra indique que les insectes sont un très bon indicateur du niveau du Brix et réciproquement.


Et alors? Il faut bien traiter! Et bien, peut-être pas! Pour protéger les plantes des insectes ravageurs, il serait suffisant de faire passer le taux de sucre au-dessus de 12 Brix. Et pour cela, il est nécessaire de se demander pourquoi il est parfois inférieur à 12. Pour le Dr Tom Dykstra, la cause principale est une forme de déficience des sols en certains minéraux. En supplémentant les sols avec différentes solutions, et par triangulation, il serait possible de déterminer lesquels des minéraux sont déficitaires. Une analyse de la sève pourrait guider les pas de ceux qui chercheraient à identifier les minéraux déficients dans le sol. 


Les travaux du Dr Tom Dykstra laissent penser qu'il serait envisageable d'envisager de substituer les insecticides par une supplémentation sélective des sols. L'hypothèse du Dr Tom Dykstra n'est pas invraisemblable. De nombreux travaux montrent que les plantes développent des systèmes de défense efficaces pour parer aux attaques des insectes. Certaines protéines semblent jouer un rôle dans les mécanismes de défense. Les déficiences minérales, des sols et par effet ricochet celles des plantes, pourraient affecter la production de ces protéines, mais également la photosynthèse et donc le taux de Brix. La faiblesse en sucre de la plante n'est donc probablement la raison pour laquelle les insectes s'attaquent aux plantes, mais un des signes du dysfonctionnement d'un ou de plusieurs cycles physiologiques des plantes, celui de la production de sucres, de protéines ou bien encore d’autres types de molécules. Certaines de ces molécules semblent jouer un rôle dans la protection des plantes contre les insectes. Elles peuvent être toxiques pour les insectes ou être simplement repoussantes. La recherche sur la biochimie de la production de ces molécules dans les plantes est encore limitée. Si l’on procède par analogie et si l’on considère donc la production par les plantes de molécules agissant sur la santé humaine, comme le lycopène des tomates, l’hypothèse d’une relation entre la santé des plantes et le taux de molécules insecticides ou repoussantes pour les insectes n’est plus totalement farfelue.


Est-il moins coûteux de supplémenter un sol que d'appliquer des insecticides? À creuser! 


Pour en savoir plus:



Lire aussi: 
Plant Insecticidal Toxins in Ecological Networks
Sébastien Ibanez 1, Christiane Gallet 2, Laurence Després 3,*




vendredi 2 février 2024

Participer à une consultation citoyenne en ligne!

C'est une première pour moi. Je savais qu'il y avait des consultations citoyennes et je me doutais qu'elles pouvaient se tenir en ligne. Celle-ci pourrait vous intéresser. Make.org organise une consultation citoyenne sur le thème "Quelles sont vos idées pour donner envie aux Français de manger plus végétal ?". Vous pouvez déposer des propositions et voter sur des propositions ou bien encore tout simplement lire les propositions déposées par des citoyens. A suivre avec attention.

https://bit.ly/4bpChlC







mercredi 31 janvier 2024

Sur les transitions technologiques et leurs risques


Le mot « transition » est passé aujourd'hui dans le vocabulaire courant. Nous avons même un ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Cependant, l'histoire a montré que le phénomène de transition, c'est-à-dire du passage d'un état dans un autre, ne conduit pas toujours à un état final désirable. Les bonnes intentions ne sont pas suffisantes pour garantir un état final supérieur en qualité à l'état initial.

Des étudiants de première année suivant un bon cours d'économie ou de sociologie ont probablement découvert que le recours à l'innovation technologique pour régler des problèmes du présent peut avoir des effets pervers dans le long terme.  Il suffit de relire les travaux Hartmut Rosa, le sociologue du temps, sur l'accélération pour se rendre compte que les gains de productivité vont souvent de pair avec l'accroissement de la production. Si l'email est source de productivité accrue par rapport aux lettres en papier, le nombre des échanges épistolaires a considérablement augmenté. Pour un rien, on envoie aujourd'hui un email. Et pour celui ou celle qui reçoit le message, il est nécessaire de passer du temps à faire le tri et à répondre aux mails pertinents. Une innovation qui nous semblait intéressante conduit à "l'aliénation". Ce mot est fort, mais c'est celui utilisé par H. Rosa. Nous devenons alors esclaves d'un processus. Alors que l'innovation initiale avait pour objectif de libérer du temps, ses effets sont contraires. Dans le domaine de la mobilité personnelle, un problème similaire se pose. La voiture fait fi des distances, mais les embouteillages annulent les effets initiaux. A-t-on oublié le paradoxe de Braess? La promesse des réseaux sociaux de permettre une émancipation des monopoles de l’information s’est avérée infondée. Les fake news et les manipulations en tout genre mettent en danger les processus démocratiques.


Les centres de recherche spécialisés dans l'étude des systèmes nous alertent régulièrement sur ce phénomène. Ils nous disent en substance de chercher à comprendre les effets dans le long terme des initiatives que nous prenons dans le présent. Initiatives prises pour régler les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui. Certaines solutions peuvent, dans un temps long, aggraver les problèmes initiaux ou être sans valeur.


Je ne dispose d'aucune solution, mais la piste du découplage entre les gains de productivité et la production pourrait être explorée. Certes tous les secteurs ne se prêtent pas facilement à une restriction des volumes de la production. Le secteur agricole doit être en mesure de nourrir une population toujours croissante tout en en préservant les ressources et en offrant une qualité de vie aux agriculteurs. Celle-ci doit permettre leur renouvellement. En France, environ 50 pour cent des agriculteurs devraient partir à la retraite au cours des dix prochaines. Le taux de renouvellement actuel ne laisse rien présager de bon. Comment produire plus si le nombre des agriculteurs chute dramatiquement ? 

Une seconde piste consiste à envisager d'altérer le portefeuille des produits. Toutes les productions possèdent elles la même valeur future pour la société? Certes, il est difficile sans un accompagnement de qualité de demander à une personne de renoncer à son métier d’origine et d'en changer pour exercer un autre métier. Mais, ce n'est pas impossible!


À vouloir se concentrer sur les problèmes actuels et leur résolution, non seulement nous risquons d'être confrontés aux effets pervers de ces solutions, mais être surpris par l'émergence de nouveaux et délicats défis.


Dans les entreprises, un des diagnostics les plus délicats est celui de la capacité. Est-ce que le système de l'entreprise ou celui de la chaine de valeur dans laquelle l'entreprise est située sont en capacité pour affronter les défis du futur ? Encore faut-il être en mesure de visualiser ces défis, tous les défis. Si la réponse à cette question est positive, alors il est encore possible de faire évoluer le système, de l'adapter. Par contre, si le système n'est pas en capacité, alors il est nécessaire, comme le disait alors Franck Riboud PDG du Groupe Danone, de faire RESET, de partir d'une feuille blanche. Dans les processus d'assurance de qualité des entreprises, la même question se pose: est ce que notre outil est en mesure de satisfaire aux spécifications de qualité. Si ce n'est pas le cas, il faut changer d'outil.


À regarder les débats qui animent notre pays aujourd’hui, on ne peut que s’interroger sur le processus mis en oeuvre pour permettre à l’agriculture française de se développer harmonieusement et de mieux servir la société et l’environnement tout en régénérant ses propres forces. Le message des agriculteurs est clair. Nous ne pouvons nous intéresser à la résolution des problèmes du futur, si nous sommes, à la fin du mois, tous morts! Le message est clair. Cela implique donc un triple objectif : 1./ sauver, aujourd'hui, l'agriculture, 2./ lui donner les moyens de la transition vers  3./ un modèle adapté ou adaptable ou défis du monde futur. Si nous n'avons pas la solution peut-être devrions-nous nous attacher à mettre en oeuvre un processus, une démarche, qui vous permettent de la trouver.

mardi 30 janvier 2024

De nouvelles marques alimentaires centrées sur les bénéfices pour les consommateurs et le climat.


 2030. Nous sommes dans le futur. Mais aujourd'hui, le site de la Fondation Ellen MacArthur nous propose une marque alimentaire du futur. La fondation met, ces derniers jours, en avant les produits de Regenerate à la marque Climate Crunch.  Pour les lecteurs français, dénommer une marque "Crise Climatique" peut paraitre surprenant. Mais, en Anglais le mot Crunch possède différent sens. L'adjectif crunchy correspond en français aux adjectifs croustillant ou croquant, ce qui pourrait faire référence aux qualités organoleptiques des produits. Mais finalement, ces produits nous invitent à contribuer, par leur achat et leur consommation, à la lutte contre le changement climatique. D'ailleurs, sur le site de la fondation, on apprend que d'une bouchée à l'autre, les consommateurs contribuent à une forme d'agriculture propice à la lutte contre le changement climatique. Les agriculteurs peuvent, par leur pratique, les champions de la lutte contre le changement climatique. Les consommateurs peuvent leur donner un coup de pouce en achetant leurs produits. 


Il n'est pas surprenant de mettre en avant des produits favorisant une cause. Habituellement, cette approche repose sur un label. C'est par exemple, le cas pour les poissons issus de pêcheries gérées de manière durable avec le label MSC. C'est aussi parfois le cas lors de campagne auxquelles une marque peut s'associer, comme c'est le cas avec l'approche CRM (Cause-Related Marketing). Nous pouvons penser aux campagnes de Volvic avec l'UNICEF. Lors des journées Ruban Rose (journées de sensibilisation à la prévention du cancer du sein), certaines marques affichent le ruban sur leurs produits, par exemple Yoplait. 


Par contre, il est plus rare que la marque soit le support principal de la cause. C'est par exemple le cas d'une marque bien connue des consommateurs et des professionnels de l'agroalimentaire français: qui est le patron?  La marque fictive présentée dans le blog de la Fondation Ellen MacArthur pourrait bien devenir une approche dominante dans le domaine de la production et de la consommation alimentaire.





















jeudi 26 mai 2022

La robotique : une solution au manque de serveurs dans les restaurants?

Depuis de nombreuses années déjà je m'intéresse aux solutions techniques qui pourraient se substituer à une pénurie de main-d'oeuvre ou bien encore réduire la pénibilité et, se faisant, permettre aussi à certaines personnes de réaliser des tâches qu'elles ne pourraient autrement accomplir.

Mais ces solutions techniques remplissent d'autres fonctions. Par exemple, les distributeurs automatiques implantés dans certaines villes japonaises (et en France également) permettre d'étendre les heures d'ouverture pour des clients dont les horaires ne sont pas toujours compatibles avec les horaires d'ouverture des magasins. L'agriculture verticale japonaise permet non seulement de répondre au vieillissement des agriculteurs, mais son implantation à proximité des villes réduit les coûts logistiques, sa verticalité limite son empreinte au sol, elle consomme peu d'eau, etc. 

Aujourd'hui, en France et ailleurs, les restaurateurs font face à une pénurie de main d'oeuvre, souvent dans la cuisine et en salle. Ce ne sont pas les seuls. D'autres activités sont également touchées. Ces pénuries contraignent l'activité des restaurateurs, mais également celles de leurs fournisseurs, et des fournisseurs de leurs fournisseurs. Ainsi, les activités des brasseurs sont également affectées. Moins de serveurs dans les bars affecte négativement la fréquentation de la clientèle, laquelle affecte la consommation de bière, puis l'activité des brasseurs, etc.

Pour pallier à cette pénurie, une approche clinique permettrait d'identifier les causes de cette pénurie et possiblement des solutions pertinentes visant à corriger les effets des causes. Cependant, dans l'impossibilité de corriger les causes, les entrepreneurs doivent envisager des solutions de substitution. 

Il existe plusieurs pistes. Certaines sont déjà utilisées. Les clients représentent une main-d'oeuvre disponible. Ainsi, aujourd'hui dans de nombreux restaurants, le client vient lui-même chercher au comptoir les plats qu'il dégustera en salle. Les buffets sont également un moyen de palier au manque de main d'oeuvre. Dans ces deux cas, et d'autres encore, les clients deviennent des coproducteurs. Les clients débarrassent également les tables. 

Plusieurs systèmes techniques sont aujourd'hui disponibles. Certains restaurants à Sushi sont équipés de tapis roulants. Lors des derniers jeux olympiques, les plats étaient livrés des cuisines aux tables des restaurants par un système de plateaux, de câbles et de rails installés sur les plafonds des salles. Je vous invite à regarder cette vidéo, laquelle donne un aperçu du dispositif.


Cette solution technique est relativement simple. Des solutions plus évoluées mettent en oeuvre des robot-serveurs qui se déplacent de la cuisine à la salle. Pour l'instant il ne réalise que certaines des taches effectuées par un serveur. Lorsque les plats sont prêts en cuisine, ils les apportent aux convives en salle. L'un des fournisseurs de solution robotisée est l'entreprise Keenon Robotics (Shanghaï). Cette vidéo présente l'un de ses produits.


Demain, ces robots seront probablement susceptibles de réaliser la totalité des opérations effectuées par un serveur: réception des convives, accompagnement en salle, présentation du menu, prise de la commande, etc. Mais, toutes ses opérations n'ont pas besoin d'être confiées à un robot: une application sur un smartphone permet d'en réaliser un grand nombre. Celle-ci peut également servir à la réservation ou bien encore informer le client de la disponibilité de tables, etc. L'assemblage technologique idéal reste encore à définir! 
 





mercredi 25 mai 2022

La négation des problèmes : une question d'aversion aux solutions?

Plusieurs expériences réalisées par des psychologues ont montré que notre aversion aux solutions à un problème nous amène souvent à nier l'existence du problème. C'est en particulier le cas pour le dérèglement climatique, mais pas uniquement. La négation d'un problème nous amène ensuite à formuler des critiques et à développer des arguments fallacieux. 


En 2014, Troy H. Campbell et Aaron C. Kay de Duke University, ont exploré ce phénomène et publié un article qui reste aujourd'hui une référence (Solution Aversion: On the Relation Between Ideology and Motivated Disbelief, Journal of Personality and Social Psychology, 2014, Vol. 107, No. 5, 809–824). 


Leur exploration consiste en une série de trois expériences, imbriquées les unes dans les autres. Ces expériences sont réalisées aux États-Unis avec des habitants de ce pays. La première expérience connecte l'affiliation politique des personnes interrogées (Démocrate ou Républicain) avec deux énoncés scientifiques. Ils sont tous les deux issus d'un large consensus scientifique. Le premier énoncé porte sur la croissance projetée de la température moyenne de la planète ; le second stipule que l'origine du dérèglement climatique est d'origine humaine. Deux autres dimensions ont été explorées en relation avec l'affiliation politique des personnes interrogées. Il est nécessaire de préciser que l'affiliation politique est importante dans la mesure où ces parties ont des positions substantiellement différentes s’agissant des politiques économiques étatiques. Les personnes interrogées doivent indiquer si les solutions pour lutter contre le changement climatique auront un impact négatif ou bien positif sur l'économie. La seconde question porte sur le rôle du "free market" sur la puissance d'un pays. Les chercheurs observent une corrélation entre l'appréciation de l'effet des solutions sur l'économie et l'acceptation des deux énoncés scientifiques. L'affiliation politique joue un rôle indirect. 


La seconde expérience manipule la perception des solutions pour les répondants les plus sceptiques vis-à-vis des deux énoncés scientifiques afin d'estimer si la corrélation possède une dimension causale. Comment l'opinion des plus sceptiques évoluerait-elle, si les solutions présentées pour lutter contre le changement climatique étaient cohérentes avec leurs valeurs ? Par exemple, selon les chercheurs, s'ils sont "climato sceptiques", c'est parce qu'ils pensent que les effets sur l'économie des politiques étatiques pour lutter contre le changement climatique seront négatifs. En leur montrant que l'on peut lutter contre le changement climatique par l'intermédiaire d'un mécanisme de type "free market" (c'est-à-dire sans avoir recours à une politique étatique) et que cette méthode aura un effet positif sur l'économie. Pour les deux énoncés scientifiques, la perception de leur validité n'a été que modérément affectée pour les affiliés aux idées des démocrates, mais cette manipulation a significativement affecté celle des républicains, démontrant ainsi qu'une relation causale est probable. Les républicains sont en nombre (et en fréquence) plus sceptiques que les démocrates en ce qui concerne les faits scientifiques énoncés.


La troisième expérience explore de manière plus fine la relation causale en zoomant sur les républicains et séparant ce groupe selon leur degré de conviction politique (faible ou forte idéologie pour le "free market").  Avec cette expérience, les chercheurs ont testé la perception de la validité de l'effet de la pollution sur la santé des personnes. Les résultats sont en cohérence avec l'hypothèse selon laquelle le scepticisme est positivement associé à une aversion pour les solutions. 


Chacun de nous a probablement été en mesure d'apprécier ce phénomène dans une ou plusieurs situations. Cette étude montre que le phénomène n'est pas isolé à un petit nombre de personnes. Il n'est pas surprenant qu'un des moyens les plus puissants pour créer une forme de scepticisme ou de négation de la science (et des faits) soit de montrer que les solutions ne sont pas acceptables pour des raisons d'idéologie politique ou de morale. Par exemple, il est aisé d'accroitre, aux États-Unis, le scepticisme des chrétiens vis-à-vis de l'origine humaine du changement climatique. Il suffit de leur dire que le contrôle de la taille de la population - soit en contrôlant les naissances ou en écourtant la vie - fait partie des solutions envisageables pour lutter contre le changement climatique.


Ce phénomène est connu sous le vocable de "scepticisme motivé" (motivated skepticism) et fait partie d'un phénomène dénommé raisonnement motivé. Tout simplement, nos raisonnements tendent à favoriser les solutions avec lesquelles nous sommes en accord par idéologie, expérience ou intuition. De la même manière nous sommes prêts à nier l'intérêt des solutions qui mettent en danger notre idéologie, challengent nos expériences ou bien s'opposent à notre identité, professionnelle ou individuel, ou à nos plaisirs. Le scepticisme motivé s'attaque quant à lui aux fondations scientifiques des solutions que nous rejetons.


Cette étude nous montre que lorsque des solutions nous sont présentées comme cohérentes avec notre système de valeur, nous avons alors tendance à accepter la solution, mais également les faits scientifiques sous-jacents. Faire des efforts pour lutter contre le changement climatique est souvent considéré par nos concitoyens comme un renoncement à une certaine forme de confort. Mais, renoncer à la lutte contre le changement climatique n'est pas le moyen le plus sûr de maintenir notre niveau de confort demain. Dans les deux cas, l'argument met en avant le maintien d'un haut niveau de confort. Cependant, la direction des actions est inversée. Et dans le second cas, le changement climatique sera plus facilement considéré comme un fait scientifique, parce que ne pas lutter contre le changement climatique affecte négativement notre futur niveau de confort.


Ce phénomène s'applique également aux choix alimentaires. Si une personne apprécie certains produits riches en matières grasses, alors il est probable qu'elle fasse preuve de scepticisme sur le risque de maladies cardiovasculaires qui sont imputées à certaines matières grasses. Cette personne ne souhaite pas être privée de ces produits qui agrémentent sa vie. Mais, cette attitude peut être substantiellement altérée si l’on peut leur démontrer qu'ils auront autant de plaisir à déguster des produits plus maigres. S’il existe une solution qui leur permet de ne pas renoncer aux plaisirs de la table, alors ils seront prêts à accepter ces faits scientifiques. 


      



  

samedi 25 septembre 2021

Les MOF, une solution pour l’agriculture en milieux arides?

Pour une Française ou un Français, l’acronyme MOF signifie souvent Meilleur Ouvrier de France. Mais, pour une personne disposant de quelques connaissances dans le domaine de la chimie, MOF est un Metal Organic Framework. Il s’agit d’assemblages composés d’ions métalliques liés par des molécules organiques à la structure déterminée. 


Sur le plan fonctionnel, les MOF sont considérés comme des éponges. Ils possèdent la plus grande surface disponible par unité de poids connue. Ainsi un gramme de MOF peut présenter une surface aussi important que la superficie d’un terrain de football aux normes de la FIFA. 

Source: David S. Bell - 

Schematic drawing of a metal-organic framework (MOF) structure




L’agriculture en milieux arides est particulièrement délicate. Une zone aride peut-être définie comme un milieu dans lequel l’évaporation est supérieure aux précipitations. Le taux d’humidité de l’air n’est cependant pas négligeable, mais faible. Par exemple, le taux d’humidité d’une partie du Sahara est proche de 20 % une partie de l’année (le taux d’humidité de l’air en région Parisienne est en moyenne de 60%). Avec les dérèglements climatiques, certains zones de culture vont être soumises à des épisodes de sécheresse plus fréquents, plus longs et plus intenses.


Il existe déjà plusieurs moyens d’extraire de l’eau de l’air. La condensation thermique consiste à refroidir l’air à une température inférieure au point de rosée (température de rosée). Celle-ci dépend du taux de vapeur d’eau dans l’air. Dans les milieux arides, la condensation se produit à des températures plus froides que dans les milieux plus humides. Cette approche est gourmande en énergie. Sa performance est améliorée par l’utilisation de molécules qui adsorbent l’humidité de l’air, la condensent et la désorbent à une température plus élevée que les condensateurs d’humidité thermique. Les zéolites ou les gels de silica ou de silice sont disponibles dans le commerce et utilisés dans les déshumidificateurs. 


Certains MOF offrent de belles promesses. Comme les zéolites, ils offrent l’avantage d’être efficaces pour des degrés d’humidité de l’air faible, inférieur à 20% pour certains d’entre eux et entre 20% et 40% pour d’autres. A ce premier avantage s’ajoute la température de désorption. Elle est plus faible que pour les zéolites et les gels de silica - des matériaux peu onéreux - et donc nécessite moins d’énergie. Deux autres points d’intérêt : 1/ les systèmes avec des MOF ne relâchent aucun composé. L’eau est donc buvable. 2/ Leur performance n’est pas affectée par le nombre d’utilisations (des cycles adsorption - désorption).


Les chercheurs du MIT, de l'Université de Californie à Berkley et du King Abdulaziz City for Science and Technology, de Riyadh ont publié dans Science un article sur le sujet particulièrement intéressant (lien vers l'article


Une technologie à suivre avec intérêt! 

    

mercredi 28 octobre 2020

En période de crise Covid, où sont les bio-économistes ? Leurs travaux pourraient nous guider !

La bioéconomie pourrait nous guider en cette période de crise sanitaire. La bioéconomie est une discipline de l’économie qui s’intéresse à l’interaction entre les phénomènes biologiques et l’économie. Elle est particulièrement utile lorsque la santé de l’économie dépend d’un système biologique ou en ce qui concerne l’actualité un phénomène épidémique. 


L’un des systèmes auquel la bioéconomie s’attaque est celui de l’exploitation des ressources naturelles, par exemple celui des ressources halieutiques. Le système économique impliqué dans ce modèle est le secteur de la pêche et le système biologique est celui de la population de poissons d’une zone halieutique. La population de poissons se développe à un rythme qui dépend des conditions naturelles de la zone halieutique. Ils se reproduisent tout comme une maladie contagieuse diffuse dans une population. Certes, les règles sont différentes. Les pêcheurs interagissent avec l'évolution de cette population en effectuant des prélèvements. Si ceux-ci sont trop importants alors la population sera possible trop petite l’année suivante. Cette décroissance de la population sera problématique pour les pêcheurs qui devront pêcher plus longtemps pour extraire une même quantité de poissons. Leur performance économique sera amoindrie. Pour éviter cela, il est souvent nécessaire de réguler la pêche, par exemple en imposant des quotas. Les bateaux seront par exemple « confinés » dans les ports pendant une période appropriée. Cette période de pêche limitée est utile pour permettre aux pêcheurs de bénéficier d’une population plus grande ultérieurement et donc de conditions de pêches plus propices à la santé économique de la flotte. Cependant, la limitation temporaire des pêches peut être très problématique économiquement pour les pêcheurs dont les revenus sont alors limités. Les entreprises seront possiblement en danger. Un accompagnement financier par les pouvoirs publics est alors nécessaire. Cette situation n’est pas sans rappeler celle que nous rencontrons actuellement.


Dans le cas de la crise sanitaire que nous traversons, le problème est d’une amplitude et d’une complexité plus grande. Cependant, il est d’une nature similaire. D’un côté il y a des interactions entre le développement de l’épidémie et  les capacités des services de santé et d’un autre avec les secteurs économiques, lesquelles sont eux-mêmes dans un système d’interactions complexes. 


Il est certes particulièrement difficile de représenter les interactions réelles, voire impossible, mais un modèle peut être suffisamment représentatif pour identifier les principes de bonne gestion. Ces règles générales pourraient-elles être suffisantes pour assurer une bonne gestion de la crise ? Je l’ignore ! Cependant, une politique qui ne respecterait pas ces principes serait probablement vouée à l’échec. Où sont nos bioeconomistes ?




jeudi 9 juillet 2020

Le Monde de Demain : Achats et Supply-Chain

Manuel CHATAIN et Michel SAMAHA sont les principaux auteurs et animateurs d'un blog et d'un site internet dédié à la supply chain.

Le 25 juin ils ont réalisé un Webinar sur le monde de demain dans les achats et la supply chain. Dans ce Webinar vous trouverez les interventions de nombreux spécialistes de la Supply-Chain et leurs perspectives sur le monde de demain.

Vous pouvez également directement consulter la vidéo de ce Webinar sur leur site.

dimanche 14 juin 2020

L'alimentation cellulaire (1) - Découvrir Atlast Food Co.

Le rôle des champignons dans l'alimentation n'est pas récent. De nombreux champignons sont comestibles, comme les champignons de Paris, les pleurotes ou bien encore les Shiitakes. Les levures, des champignons unicellulaires, jouent un rôle important dans la panification, la vinification, la brasserie, mais également dans la production de vitamines ou bien encore dans celle d'antibiotiques. Vous pourrez en savoir plus sur les levures en consultant le site Tout sur la Levure

D'autres champignons jouent traditionnellement un rôle dans l'alimentation, comme les Penicillium dans la production des fromages. Les champignons jouent d'autres rôles dans la nature (comme les mycorhizes, lesquelles sont des symbioses entre des champignons et les racines). Ils sont aujourd'hui également utilisés pour l'élaboration de filtres, les matériaux, dans la bioremédiation, la fertilisation des sols, etc. 

Depuis quelques années, les champignons ont attiré l'intérêt de jeunes entreprises lesquelles ont trouvé aux champignons d'intéressantes propriétés afin d'entrer dans l'univers des substituts aux viandes. Ceux-ci connaissent une belle croissance depuis quelques années déjà. Par exemple, dans le marché du bacon (d'une valeur d'environ 9 M de dollars), les produits de substitution ne présentent aujourd'hui qu'environ 30 à 40 m de dollars. La grande majorité des produits de remplacement sont réalisés à partie de protéines végétales de soja ou de blé. Mais, Atlast Food Co produit un substitut de Bacon à partir de mycélium, lequel pousse sur des déchets végétaux.

     


Cette entreprise est la filiale d'Ecovative Design, une entreprise qui réalise depuis plusieurs années des emballages issus de mycelium produit à partir de déchets agricoles.









mardi 22 octobre 2019

Ouvrage: Faire face aux risques en agriculture


Heureux d'avoir contribué au livre Faire face aux risques en agriculture. 

Dans le chapitre intitulé "Il faut savoir quitter la table de jeu, au bon moment!", je m'intéresse à la stratégie des entreprises agroalimentaires confrontées à une demande déclinante, plus particulièrement aux zones d'incertitude auxquelles ces entreprises doivent faire face. En effet, dans certains industries la stratégie de sortie est limpide, alors que dans d'autres situations elle est particulièrement délicate en raison d'une forte incertitude. L'incertitude est un risque qui n'est pas mesurable.

Je vous invite à parcourir la table des matières et prendre connaissance des chapitres écrits par mes collègues.


Ce livre est disponible chez Amazon.com (format broché ou kindle) ou chez l'éditeur L'Harmatan (format broché, pdf ou epub).


Court Résumé du chapitre:

"Il faut savoir quitter la table de jeu, au bon moment!" 

En suivant la perspective développée par E. Morin sur la relation entre l'incertitude et la stratégie (« Alors que l'ignorance de l'incertitude conduit à l'erreur, la certitude de l'incertitude conduit... à la stratégie » - Morin, 1986), je m'attache à mieux identifier les causes et les zones d'incertitudes associées à la sortie d'une entreprise dans une industrie déclinante. Pour cela j'utilise comme colonne vertébrale, le modèle développé par Ghemawat et Nalebuff (1985) dans l'industrie du raffinage du minerais d'aluminium que j'applique, après des adaptations substantielles des structures de coûts des établissements, au secteur de la viande bovine. La zone d'incertitude en phase terminale est délimitée par l'existence d'un équilibre unique (sous-jeux) vs l'existence de deux équilibres de Nash. Nous aboutissons à la première conclusion que la similitude de la taille des établissements est la principale source d'incertitude. En général, les établissements les moins efficients (habituellement les établissements de petite taille) sont les derniers à sortir s'ils sont confrontés à des établissements de grande taille. Le système initial est ensuite élargi pour prendre en considération :

  1. La phase de désinvestissement au cours de laquelle les entreprises ferment certains de leurs établissements pour s'ajuster à une demande déclinante. Cette phase précède la phase terminale. La recherche d'efficience, en éliminant les établissements les moins productifs, produit un affrontement incertain dans la phase terminale. 
  2. Les relations verticales que les entreprises entretiennent avec leurs fournisseurs et avec leurs clients. Le maillon le plus faible d'une chaine limite la force de l'ensemble de la chaine. La fermeture d'un établissement de taille importante dans un maillon de la chaine de valeur produit des effets sur les entreprises des autres maillons. Plus particulièrement, elle force les entreprises dont la taille est la plus grande à quitter la table du jeu. Cette observation débouche sur des possibles stratégies d'alliance entre clients et fournisseurs. 

Cette modélisation suggère que les entreprises qui souhaitent gérer de manière idéale leur sortie doivent former des alliances verticales et s'attacher à gérer un dilemme lors de la phase de désinvestissement, entre éliminer leurs établissements les plus efficients pour se placer en position de sortir plus tardivement ou de tirer des bénéfices immédiats en éliminant leurs établissements les moins efficients. Cette décision est, elle-même, affectée par des jeux complexes d'interactions horizontales et verticales.

jeudi 17 octobre 2019

Après les bouteilles, Vitaline propose aussi des barres et plus encore.

Nous avions invité Sébastien Worms, Co-fondateur de Vitaline, à partager avec vous sa vision de l'alimentation conçue scientifiquement dans un billet publié en juin 2018. Ce billet avait attiré l'attention de très nombreux lecteurs. Je vous invite à découvrir la philosophie alimentaire de cette jeune pousse en plein croissance.

Aujourd'hui, la gamme de Vitaline s'est enrichie de plus produits (Bio, Vegan, etc) et d'une gamme avec des visées plus fonctionnelles : Vitaline Catalyst. L'entreprise propose aujourd'hui dans cette gamme trois produits :

  • Avant une séance de sport : Catalyst Ignite.
  • Après une séance de sport : Catalyst Recover. Ce produit a été développé afin de faciliter la récupération, réduire les courbatures, favoriser la reconstitution musculaire et recharger vos réserves de glycogène tout en satisfaisant votre besoin de satiété. De quoi maximiser vos séances et repartir en pleine forme (source : Vitaline.com)
  • Pour l'effort intellectuel : Catalyst Focusdéveloppé pour favoriser la concentration, stimuler les capacités cognitives et diminuer l’anxiété pendant 3h à 6h, tout en satisfaisant votre besoin alimentaire (source : Vitaline.com).


Quant à moi, j'ai découvert avec bonheur les barres bio Cacao et Banane (en phase pilote, mais disponible sur le site) et à manger sans remords (Nutriscore: A).

Et pour ceux qui ne sont pas fans du plastique, Vitaline propose aussi des sachets de 4 000 Kcal que l'on peut fractionner à sa convenance. 


mardi 15 octobre 2019

samedi 8 juin 2019

Les Podcasts de l'ESSEC : Réapprendre à apprendre.

Ce n'est pas de l'agroalimentaire ss, mais probablement dans quelques semaines nous espèrons produire quelques podcasts sur une thèmatique plus en adéquation avec vos attentes. 

 En attendant, je vous invite à consulter la page de "Be in the Know", le titre de la série de Podcast de l'ESSEC, sur Audioboom.

N'hésitez pas à écouter le Podcast ci-dessous. Avec mon collègue Laurent Bibard (titulaire de la Chaire Edgard Morin de la Complexité), nous nous attaché à montrer quels sont les enjeux de la gestion de nos connaissances dans un monde de transformations fulgurantes. 

Ce podcast est intitulé Comment réapprendre à apprendre ? Il est animé par Vitaline Gomes et Mariya Valkodinova.

Bonne écoute !
 

vendredi 31 mai 2019

Des mauvaises herbes pas totalement mauvaises !

Les asclepiades sont considéres par beaucoup d'agriculteurs comme des mauvaises herbes. Ces plantes ont été nommées d'après le dieu grec que la médecine en raison de leurs nombreuses vertues médicinales. Elles produisent un jus laiteux. C'est pour cela que les Américains les dénomment Milkweed. Les chercheurs de l'université de Cornell (article de DiTommaso et All) ont découvert qu'il était bon que conserver quelques plants d'asclépiades au centre d'un champ de maïs. En effet les Asclépiades peuvent abriter des pucerons qui produisent alors un nectar dont se nourrissent les trichogrammes. Et ceux-ci vont parasiter la pyrale du maïs, plus précisément pondre leurs oeufs dans ceux de la pyrale du maïs. 

Il existe un second bénéfice à la présence des asclépiades dans un champ de maïs : ils servent de pondoir et de source alimentaire pour les papillons monarque, lesquels sont une espèce en danger aux É.-U.

Les chercheurs de Cornell concluent pour ces deux raisons qu'il serait judicieux d'utiliser, cependant avec modération, ces plantes dans les champs de maïs.


Fleurs d'Asclépiades (source Wikipedia) 


  

mercredi 29 mai 2019

Les produits à base d'insectes au dernier ThaiFex

Le ThaiFex est l'équivalent de notre SIAL en Thaïlande. Cette année, les produits à base d'insectes ont fait l'apparition. Ils ont attiré l'attention de la presse internationale et des acheteurs.

L'entreprise Bugsolutely, implantée en Thaïlande et en Chine, propose des pâtes aux criquets (20% de farines de criquets). Son fondateur est Italien. Il faut savoir que la Thaïlande a été le premier pays à produire des criquets pour l'alimentation humaine. La production d'insectes et leur consommation sont traditionnelles dans ce pays qui compte plus de 20 000 producteurs de criquets.


La farine de criquets est riche en protéines, vitamines et minéraux.
(La table à gauche donne la composition nutritionnelle des pâtes à la farine de Criquets et celle de droite la composition des pâtes traditionnelles).


Jusqu'à présent, l'Europe n'a pas encore statué sur les demandes des producteurs d'insectes. Mais on note plusieurs soumissions pour le catalogue des Novel food.
On peut cependant trouver de la farine d'insecte sur le site internet d'un grand de la distribution.

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